
Je voyage depuis 20 ans sur la mer de l’éducation à bord d’un grand voilier. Ces derniers temps faute de moyens et d’entretien, notre bateau devient vétuste. L’éducation n’est pas une priorité dans la navigation du pays. Les récents boulets de canon affaiblissent chaque jour davantage le voilier .Le bateau est en train de couler avec son équipage et ses petits moussaillons sous les yeux indifférents de la population. L’équipage tente de réparer les avaries et de combler les trous, mais le vieux gréement n’en peut plus ; il sombre. L’équipage tente alors de nager jusqu’à un rivage plus prometteur, hélas les médias ne jettent pas de bouée .Ils se contentent de relayer des critiques sur la technique de nage, sur la vitesse et nos temps de repos nécessaires pour continuer à nager. Ouf, enfin on nous promet un plan de reconstruction du bateau et que voit-on arriver : un radeau équipé de « mesurettes » gadgets qui vont transporter notre jeunesse vers les eaux d’un savoir en mille feuilles qui empilent les notions où les futurs ouvriers n’auront surtout pas besoin d’avoir un esprit critique. Quel est l’avenir de ce pays qui a choisi de conduire sa jeunesse sur une embarcation de fortune. Que fais –je ? Je continue à nager en eaux troubles ?Je monte à bord du radeau ? Je me laisse sombrer ? Voilà le désarroi de beaucoup d’enseignants actuellement. Chaque jour les médias nous dénigrent, demandent que l’on fasse des choses que l’on fait déjà bien sûr .En attendant le travail de sape fonctionne car plus en plus de personnes pensent que nous ne sommes que des fainéants incompétents. Le rivage s’éloigne de plus en plus et je fatigue ; il faut réagir l’eau est si froide que nous sommes tous tétanisés.
Isabelle
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